Commentaires du NPD sur les priorités du Canada en matière de développement pour l’après‑2015

Commentaires du NPD sur les priorités du Canada en matière de développement pour l’après‑2015

Commentaires soumis au MAECD le 8 mai 2015

L’Opposition officielle, formée par le Nouveau Parti démocratique, se réjouit de pouvoir commenter les priorités du gouvernement du Canada dans le cadre du Programme de développement pour l’après‑2015. Il s’agit d’un processus essentiel pour orienter les efforts de la communauté internationale au chapitre du développement jusqu’en 2030.

Nous sommes déçus que la consultation publique ait lieu si tardivement, le gouvernement du Canada ayant annoncé sa position sur le processus de l’après‑2015 à l’ONU en septembre 2013. Depuis lors, les néo-démocrates ont à maintes reprises réclamé la tenue d’un débat sur la position du Canada au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes. Or, le gouvernement refuse de débattre de la question avec les parlementaires. Nous nous interrogeons donc sur l’utilité de mener un processus de consultation publique quelques mois seulement avant le Sommet de l’ONU, qui aura lieu en septembre 2015. C’est là une importante occasion perdue, selon nous, qui témoigne du manque de transparence des conservateurs.

Nous soulignons également que nous sommes déçus, vu la portée universelle du programme pour l’après‑2015, que le gouvernement du Canada refuse de consulter les provinces, territoires, et municipalités en particulier à l’égard du principe d’universalité et de son application au Canada.

Globalement, nous convenons que les priorités de base et les priorités transversales que promeut le Canada sont toutes essentielles au développement durable.

Nous soulevons néanmoins ce qui suit :

  • Les changements climatiques ne figurent nulle part parmi les priorités du gouvernement. C’est inacceptable : la lutte contre les changements climatiques fait partie intégrante du développement durable.

  • Sous trois priorités concernant les femmes et les jeunes filles – SMNE, MEPF et autonomisation –, le gouvernement ne fait nullement mention des droits sexuels et reproductifs. Or, à notre avis, ces droits doivent être au cœur des actions du Canada visant les femmes et les jeunes filles.

  • Le Canada érige la reddition de comptes au rang de priorité centrale. Nous nous en réjouissons; cependant, nous soulignons que le gouvernement du Canada doit lui‑même montrer l’exemple, entre autres en publiant à temps les résultats et les rapports sur les dépenses d’aide et utiliser les fonds alloués par le Parlement pour l’aide publique au développement.

  • Le Canada pourrait améliorer le domaine prioritaire de la création d’emplois et de la croissance économique durable s’il n’oubliait pas que toute croissance économique n’est pas forcément durable et ne contribue pas nécessairement à la réduction de la pauvreté. Le Canada devrait veiller à ce que ses actions pour favoriser la création d’emplois et la croissance économique durable avantagent ceux qui en ont le plus besoin, dont les plus démunis dans le monde et les petites et moyennes entreprises des pays en développement. Par ailleurs, le Canada devrait préconiser des emplois assortis d’un salaire suffisant, de droits et d’avantages sociaux, qui donnent accès aux soins de santé publics, à l’éducation et aux services sociaux. Conformément au principe d’universalité, le Canada devrait faire la promotion et protéger ce type de programme au Canada, comme à l’étranger.

  • Pour ce qui est d’investir en priorité dans les enfants, nous croyons que le Canada doit faire plus pour éradiquer la pauvreté chez les enfants, entre autres ici même au Canada. Les enfants devraient être au cœur de la lutte contre la pauvreté dans le monde. Il est également nécessaire, à notre avis, de discuter des conséquences des changements climatiques pour les générations futures.  

  • Nous encourageons le gouvernement du Canada à promouvoir une réduction des inégalités économiques. À cet égard, des investissements dans un régime de santé public universel, l’éducation et les programmes sociaux dans les pays en développement contribueraient grandement à réduire le niveau et l’impact des inégalités sociales et économiques. 

  • En ce qui concerne les efforts du Canada pour trouver d’autres ressources financières, notamment en vue de la Conférence sur le financement du développement, qui aura lieu en juillet prochain à Addis-Abeba, nous demandons au gouvernement de tenir des consultations publiques, entre autres avec les parlementaires, afin de discuter des projets du Canada pour cette conférence. L’information dont nous disposons à l’heure actuelle est nettement insuffisante et nous appréhendons un manque de transparence.

  • Nous invitons le gouvernement du Canada à faire des organisations de la société civile des partenaires à part entière dans le cadre du processus de développement et de mise en œuvre de ce cadre stratégique.

  • Enfin, nous encourageons encore une fois le gouvernement du Canada à renoncer aux coupes à l’aide publique au développement et à établir un échéancier pour tenir la promesse faite par la communauté internationale de consacrer 0,7 % du revenu national brut à l’aide publique au développement. L’aide publique au développement ne suffit pas pour éradiquer la pauvreté, mais elle est essentielle et doit être accrue, conformément aux engagements du Canada et les meilleures pratiques d’autres pays.